Grand prix 2020 : La Prévention Médicale récompense un serious game, une application d'aide cognitive et un simulateur numérique

Paris, France, 22 mars 2021

La Prévention Médicale a remis ses Grands Prix le 22 mars 2021. Le 1er prix est attribué à un serious game, conçu par une infirmière anesthésiste de formation, basé sur la simulation de scénarios cliniques d'événéments indésirables graves réellement survenus. Le 2e prix récompense un service d’assistance cognitive digitale pour les professionnels de santé, créé par un médecin anesthésiste-réanimateur en CHU. Le prix des internes revient un simulateur numérique, inventé par un infirmier en réanimation, pour former des étudiants infirmiers à la préparation médicamenteuse.

Chaque année avec son Grand Prix,  « La Prévention Médicale récompense des initiatives innovantes parfois très simples permettant d’apporter une véritable amélioration de la sécurité des soins", précise le Docteur Marie-Christine Moll, Directrice scientifique de La Prévention Médicale. Au titre de l'année 2020, La Prévention Médicale a remis, le 22 mars 2021, trois prix :

  • 1er Prix à Nathalie Robinson pour un Serious Game basé des analyses de scénarios cliniques issus d'événements indésirables graves déjà survenus.
  • 2ème prix à Jean-Christophe Cejka pour MAX, un service d’assistance cognitive sous la forme d’une application sur smartphone pour les professionnels de santé afin d'éviter les erreurs et risques d'accidents médciaux lors d’une situation de crise, d’un événement imprévu ou de toute procédure complexe.

  • 3ème Prix des Internes à Guillaume Decormeille pour SIMDOSE, un simulateur numérique pour former les étudiants infirmiers à la préparation médicamenteuse afin de réduire la survenance d'évenements indésirables graves liés aux médicaments. 


1er Prix : le serious game d'analyse des risques

Lauréate du 1er Prix, Nathalie Robinson est cadre infirmier anesthésiste de formation. Elle exerce depuis 10 ans comme chargée de projet paramédical à la plateforme régionale d’appui à la gestion des évènements indésirables (PRAGE) au sein de la structure régionale d’appui de Nouvelle – Aquitaine, le CCECQA. Elle est aussi membre du groupe Facteurs Humains en santé (FHS) qui avait été récompensé par le 2eme Prix 2019 de La Prévention Médicale.

Nathalie Robinson est titulaire d’un mastère spécialisé en gestion des risques en milieu de soins à l’institut pour la culture sécurité industrielle (ICSI) et pour sa thèse professionnelle, elle a élaboré un travail à partir des analyses de scénarios cliniques issus des analyses approfondies des causes réalisées avec les professionnels de terrain. " Mettre les 11 analyses de scénarios rédigées pour ma thèse sous la forme d’un serious-game en réponse à l'appel à projet de La Prévention Médicale m’a semblé un beau challenge à relever !", raconte Nathalie Robinson.

Aujourd'hui le jeu, baptisé "Les enquêtes d'Anne-Lise Dékoz", est accessible depuis un ordinateur, une tablette ou encore un téléphone et permet de jouer à la fois en mode individuel, à distance ou en équipe, en présentiel. Et il peut concerner de nombreux professionnels de santé car " le jeu propose un scénario pour l’anesthésie, la réanimation, la médecine, la chirurgie, l’obstétrique, un EHPAD-FAM, bloc opératoire, service de soins de suite et réadaptation, urgences et santé mentale ", précise la lauréate. 

" Cette méthode présente l'avantage d'être crédible, car les cas sont des évènements indésirables qui se sont réellement produits. Elle est participative, anticipative et déculpabilisante, puisque ce cas s’est produit dans un autre établissement. Elle est aussi peu contraignante en termes de disponibilité. Elle permet aux différents professionnels à s’exprimer en fonction de leur champ de compétences et d’écouter les contraintes et demandes des autres membres de l’équipe. Et elle est peu onéreuse dans la mesure où peu de moyens matériels sont nécessaires pour les équipes.", indique Nathalie Robinson.

c2z8vp701y-phpkmkdgkCe serious game permet aux professionnels de santé d’approcher de manière ludique, mais professionnelle, la culture positive de l’erreur qui consiste à détecter les évènements indésirables pour les identifier les analyser et agir sur leurs causes. Cela permet de se servir de l’erreur comme d’un apprentissage de la sécurité. Accessible au plus grand nombre, ce jeu permet une formation de masse, difficile par les méthode présentielles habituelles c’est un atout pour diffuser largement la culture sécurité ", déclare Marie-Christine Moll, directrice scientifique de La Prévention Médicale.


2ème Prix : l'application Max d'aide cognitive

Jean-Christophe Cejka reçoit le 2eme Prix de La Prévention Médicale pour MAX, un outil d’aide cognitive sous forme d’une application sur Smartphone/tablette et fondateur de la startup MEDAE qui l'a réalisé. Ce médecin anesthésiste-réanimateur en CHU est aussi centralien. Il est par ailleurs formateur en simulation médicale à Lyon.

"Au cours de mon expérience quotidienne, je me suis rendu compte que les prises en charge médicales sont loin d'être parfaites. Dans les spécialités à risque comme1bj9w8nece-phpjtroo7 l’anesthésie, la réanimation, la médecine d’urgence ou l’obstétrique, le « leader » gérant une situation urgente ou complexe perd 30 à 50% de ses capacités cognitives à cause de biais cognitifs. Or ces biais cognitifs affectent tous les professionnels de terrain à des degrés divers, avec pour conséquences une importante morbi-mortalité évitable.

Fort de ces constatations et de mon expérience, j’ai souhaité créer la meilleure solution possible pour pallier les « biais cognitifs » au cours des soins et réduire le nombre d’erreurs et d’accidents. C’est ainsi qu’aidé par la SATT Pulsalys [1] et en partenariat avec l’Université Claude-Bernard Lyon-1, j’ai développé depuis 5 ans les outils d'assistance cognitive MAX, et créé la startup MEDAE.

L’objectif : les proposer à tous les professionnels de terrain susceptibles de faire des erreurs évitables coûteuses : stress, crise, urgence, ou simplement le déroulé de procédures complexes dans lesquelles un oubli coûte cher" raconte Jean-Christophe Cejka.

MAX vient d’être adopté par les services d’anesthésie-réanimation des CHU de Lyon (Hôpital Édouard Herriot) et de Dijon, et les pompiers du SDMIS69. Il est en test dans le service des Urgences de l’hôpital Lariboisière à Paris. L’application constitue aussi un outil d’entrainement en simulation en santé utilisé au CLESS de Lyon, l’USEEM de Dijon pour former tout au long de l’année les personnels de soins et les étudiants. MAX est également mis à disposition des 5 000 étudiants en santé de l’Université Claude Bernard de Lyon-1.

"Validé sur un plan scientifique par plusieurs études publiées dans des revues internationales de haut rang, MAX a fait la preuve de son efficacité dans les milieux lesbtwikk7z2e-phptjnuq3 plus stressants du soin : il permet la diminution de 60% des erreurs et missions et l'amélioration systématique des performances techniques et non-techniques (facteur humain) individuelles et d’équipe, ainsi que de doubler la rétention des apprentissages. Nous estimons que l’intégration des aides cognitives MAX aux pratiques des professionnels de santé pourrait diminuer les accidents évitables de 40% et réduire d’autant les coûts associés", déclare Jean-Christophe Cejka.

" Les aides cognitives font incontestablement partie des éléments de sécurité des soins mais la plupart du temps, ce sont des procédures papier, difficiles d’accès en situation de crises dynamiques. L’important dans ce type de situation est de savoir faire face rapidement, de manière structurée et coordonnée en équipe, en limitant l’impact négatif des facteurs humains et des biais émotionnels. La disponibilité immédiate des aides cognitives et le coaching en temps réel proposés par l’application constituent véritablement une innovation dans le domaine des outils efficaces sur les erreurs humaines. La facilité d’utilisation et la généralisation possible à tous les professionnels en fait un véritable atout en matière de sécurité des soins ", souligne le Docteur Marie-Christine Moll, Directrice scientifique de La Prévention Médicale.

[1]SATT Pulsalys : incubateur et accélérateur d'innovation technologique de Lyon et saint-Etienne.

3ème Prix des internes : Simdose, 1er simulateur d'entraînement aux calculs de doses et préparations médicamenteuses

Reçu par Guillaume Decormeille pour le simulateur Simdose, ce troisième prix de La prévention Médicale concerne l'administration des médicaments. Les médicaments sont la 3ème cause d’évènements indésirables graves avec 60 000 à 130 000 évènements selon l’enquête nationale de 2009 (Ministère des Solidarités et de la santé, 2020). Or il est établi qu'une erreur sur deux est évitable (HAS, 2015). L’erreur peut être liée au dosage du médicament, à la posologie, à l’administration, au débit, au patient…

slqvz84ep9-phprndzkb"De formation infirmier, dans le cadre de ma thèse en psychologie cognitive, je travaille sur les apprentissages des étudiants infirmiers à travers l’outil numérique comme les simulateurs numériques. Par ailleurs, je suis doctorant chez Simforhealth, qui met à disposition ses outils numériques. Dans le cadre d’un partenariat que j’ai initié avec un éditeur papier spécialisé dans la formation infirmière, nous avons élaboré un simulateur numérique d’entrainement de préparation médicamenteuse et de calcul de doses pour la formation des professionnels de santé.", raconte  Guillaume de Cornmeille. 

Infirmier en réanimation, Guilluame de Cormeille est aussi infirmier sapeur-pompier volontaire au SSSM 31 et formateur en simulation à ItSims, CHU de Toulouse. C'est dans le cadre de la préparation de sa thèse de doctorat en psychologie cognitive chez Simforhealth et rattaché au laboratoire CLLE de l’université de Toulouse Jean Jaures (UMR5263 CNRS) qu'il s'est intéressé à ce projet de simulateur de préparations médicamenteuses. Il travaille avec les Pr Nathalie Huet et Thomas Geeraerts sur les facteurs individuels qui influencent l’apprentissage sur simulateur numérique chez les étudiants infirmiers. 

Le simulateur Simdose confronte l'étudiant infirmier à une situation professionnelle dans laquelle il doit préparer un médicament à la demande du médecin. Toutes les étapes sont balayées et doivent être respectées : préparation, injection ou perfusion...Grâce aux 3 niveaux de difficulté (Guidé, Normal et Expert), l’apprentissage est progressif et permet de maitriser la pose des calculs en étant de moins en moins guidé par des indices ou des aides. Le schéma mental de réflexions est guidé avec des rappels théoriques à chaque étape.

kuggs4ll1t-phphwsict"L’atout majeur de ce projet numérique est l’apprentissage en autonomie de l’étudiant, à son rythme. L’entrainement est reproductible, sans risque pour le patient, tout en limitant le coût pharmaco-économique lié à la préparation des médicaments, même si cela pourrait se faire avec du consommable périmé", indique Guillaume Decormeille.

« La sensibilisation au risque lié aux pratiques de soin doit pouvoir se faire très en amont de la prise de poste et donc dans la formation initiale. Pour certains actes très à risques (la préparation et l’administration des médicaments en font partie) un entrainement intense et régulièrement réitéré est indispensable. Les conditions d’apprentissages en stage ou en école ne permettent pas une réitération suffisante. L’arrivée des outils de simulation où l’apprenant peut en toute sécurité pour le patient s’entrainer jusqu’à obtenir une maitrise suffisante et son évaluation constituent un facteur majeur dans la sécurité des soins. Il était important de valoriser cette initiative très efficace pour l’apprentissage du geste sûr conçu par un professionnel de terrain », déclare le Docteur Marie-Christine Moll, Directrice scientifique de La Prévention Médicale.

La Prévention Médicale est une association loi de 1901 fondée en 2004, dont l’objet est la prévention des risques médicaux et paramédicaux. Le détail de ses missions se trouve sur son site web, ainsi que beaucoup d'informations sur des cas cliniques et sur la gestion des risques : https://www.prevention-medicale.org/

Elle a notamment pour buts :

  • d’entreprendre des actions de sensibilisation et d’information sur le risque médical,
  • de promouvoir les démarches qualité engagées par les professionnels de santé,
  • de mettre en place une plateforme d’assistance destinée à ses adhérents,
  • de réaliser des actions de formation continue sur les risques liés aux soins, et d’apporter un soutien à toute action de qualité réalisée par d’autres structures.

Elle bénéficie du soutien de nombreuses institutions du domaine de la santé dont l’Académie de Médecine, le Conseil National de l’Ordre des Médecins, le Conseil National de L’Ordre des Chirurgiens Dentistes, le Conseil National de l’Ordre des Sages Femmes, la Confédération Nationale des Syndicats Médicaux Français, les Chirurgiens Dentistes de France. Elle travaille en partenariat étroit avec le groupe MACSF (MACSF Assurances, MACSF Prévoyance).

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