Vendée Globe : un peu de répit et beaucoup d’envie pour Isabelle Joschke

19 novembre 2020

Après une première semaine de course musclée marquée par les dépressions, la skipper de l’IMOCA MACSF essaie de profiter de conditions de navigation clémentes pour récupérer physiquement. Elle s’attache aussi à fiabiliser son bateau en se projetant déjà dans les redoutables mers du sud. Malgré le retard concédé sur la tête de la flotte, Isabelle Joschke reste déterminée. Elle est prête à saisir toutes les opportunités qui se présenteront pour revenir dans le match et au classement, la course est encore longue…

Calme, soleil et sérénité


Changement de décor. Une mer plate, un bateau qui glisse sous des températures estivales au cœur de l’automne. Quel contraste ! Après les tempêtes et les coups de tabac des premiers jours de navigation, Isabelle Joschke a découvert une atmosphère plus hospitalière depuis quelques jours.

« Ça va ! Les conditions pour naviguer sont particulièrement agréables et reposantes. Il fait très chaud, je suis en short et en t-shirt. Je suis hyper contente de pouvoir prendre une petite douche sur le pont du bateau. Jen profite pour faire le plein d’énergie et cultiver ma sérénité car je sais que ça ne sera pas aussi facile ensuite ».


Repos et boulot
 

La navigatrice franco-allemande a mis à profit cette parenthèse bienvenue pour récupérer physiquement et bien s’alimenter, tout ce qui a pu lui faire défaut depuis le départ du Vendée Globe le 8 novembre dernier. Ses journées sont copieuses et la liste de ses travaux s’allongent chaque jour un peu plus.

« Je me fais une petite cure de sommeil. J’ai fait le choix de me ressourcer. Pendant les premiers jours de course, j’ai cherché à préserver le bateau, aujourd’hui je fais un peu attention à moi. Je me repose donc dès que je le peux. Je suis vraiment dans une vision à long terme au niveau de la gestion. A côté, je passe beaucoup de temps à faire de la stratégie, du routage, à ranger et à nettoyer le bateau. Depuis le départ, j’ai effectué énormément de manœuvres et laissé trainer du matériel dans tous les coins. Cette accalmie me permet aussi de faire un point technique sur l’état du bateau qui a connu de petites avaries. Avec l’aide de mon équipe à terre, je tente de réparer tout ce qui ne fonctionnait pas. Mais même si les conditions sont clémentes, l’alizé est très changeant et il m’oblige à régler les voiles en permanence pour m’adapter au vent. »


Un début de course prudent


Boucler le tour du monde constitue l’objectif prioritaire d’Isabelle Joschke. Durant sa première semaine passée en mer, la navigatrice a opté pour la prudence. Un choix qui l’a vu perdre beaucoup de terrain sur le groupe de tête de la course mais qu’elle assume, même si elle regrette une prise de décision trop tardive.

« Lorsque j’étais au large du Portugal et que je faisais route vers lOuest, je me suis retrouvée face à un premier front dans lequel une dépression secondaire s’est développée. En découvrant sa trajectoire, j’ai fait le choix de lever le pied, de virer de bord et de laisser passer le gros de la tempête. J’ai pris cette décision un peu tard et je l’ai payé cher en termes de classement et d’écart par rapport au peloton de tête. Je croyais vraiment que j’allais trouver un endroit pour passer. Avec la dépression tropicale Thêta, c’était totalement différent car je la contournais par le Nord. J’étais au portant, j’ai pu ralentir. J’arrivais à la fois à rentrer dans la dépression, dans le vent fort et à préserver le bateau. Ce qui ne m’avait pas semblé possible durant la traversée de la première dépression ».


Tout reste à faire sur le plan sportif
 

En 16e position au classement de 9h ce jeudi, à 541 milles nautiques du leader Alex Thomson (Hugo Boss), Isabelle Joschke n’a pas abandonné toute ambition sur ce tour du monde, ni l’espoir de bien figurer, loin de là.

« Je ne sais pas ce que je peux ambitionner de là où je suis. Ce qui est sûr c’est qu’on en est tout au début. A l’échelle d’un tour du monde, il peut se passer plein de choses inattendues. Mon idée c’est d’être vraiment bien placée, de ne pas concéder plus de retard et de rattraper le débours que j’ai sur les bateaux à dérive droite. C’est un bon objectif pour moi. Je vais rester à l’affût des opportunités et me tenir prête s’il y a quelque chose à saisir. Dans l’ensemble jusqu’ici, on a rencontré des conditions qui ne favorisent pas les foilers. J’espère et je pense que les conditions des prochains jours seront plus propices au potentiel de mon MACSF. ».


Dans le Pot au Noir
 

Isabelle Joschke qui poursuit sa descente de l’Atlantique Nord aborde actuellement le passage du célèbre Pot au Noir, zone tampon où se croisent les vents des deux hémisphères et que les marins craignent plus que tout.

« C’est très particulier. On ne sait jamais ce qui nous attend dans cette zone. Il peut y avoir uniquement de la pétole ou une alternance de vent faible et de grains violents. Il est vraiment très compliqué de se reposer quand on y est. Il faut être sur le pont, régler les voiles très souvent car les vents sont très changeants en général. Il faut guetter le grain. C’est un passage qui n’a rien de simple, on peut perdre beaucoup en restant collé. ».

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