[TRANSAT JACQUES VABRE] Les moments-clés du départ décryptés par l’équipage MACSF

3 novembre 2021

Pour tous les skippers, le départ d’une course océanique reste un moment spécial. Les années, le vécu, le talent du navigateur et le niveau de performance du bateau ne changent rien à l’affaire. Comme l’explique Isabelle Joschke qui sera associée à Fabien Delahaye sur cette 15e édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre, « le jour du départ, tout est possible. On ouvre une page blanche. On quitte la terre ferme pour vivre l’aventure en mer. On passe du projet à la réalité. C’est ce qui le rend si unique. »
Plongée dans les coulisses du jour J avec l’équipage de l’IMOCA MACSF.

  • Les visiteurs du (samedi) soir
  • Les dernières heures à terre, une course contre-la-montre
  • Le départ, un exercice angoissant et périlleux

 

 

Le dernier tour du bateau

C’est devenu un passage obligé. Le samedi en fin de journée, à l’heure où le village départ se vide de la foule, les marins effectuent une dernière inspection de leur machine au calme, tête reposée, pour vérifier que rien n’a été oublié mais aussi humer une dernière fois l’ambiance à bord.

Fabien Delahaye : « C’est le dernier passage, et le plus important. Le dernier moment où l’on peut penser à tout. La prochaine fois que l’on montera à bord, c’est pour partir. Ce tour est toujours un petit peu angoissant et aussi particulier. C’est le calme après la tempête avec le public. Il n’y a plus grand monde autour du bassin. On passe en dernière minute pour vérifier que tout est ok, que le bateau est prêt ».

Isabelle Joschke : « En principe, le bateau est prêt depuis des jours. L’idée est de passer un moment serein, de s’imprégner de l’atmosphère à bord, de checker les petits détails. Est-ce que tous les objets utiles sont à leur place ? Quand le bateau avance très vite, on a besoin d’avoir des petits outils sous la main en quelques secondes, comme les lampes pour éclairer les voiles la nuit par exemple. Le samedi soir on se remet dans cette configuration. On s’organise pour qu’il y ait le moins de monde à bord afin d’avoir le bateau rien que pour nous ».

 

Le samedi, une fin de journée au pas de course

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, les dernières heures passées sur le terre ferme ne ressemblent en rien à un long fleuve tranquille pour les skippers. Jusqu’au coucher, ils doivent enchaîner les briefings avec l’organisation et leur équipe, travailler sur les derniers bulletins météo…

 

Isabelle : « Tout est calibré lors de la fin de la journée du samedi. On a un emploi du temps serré avec un certain nombre de briefings, en particulier celui qui porte sur les prévisions météo qui a lieu en fin d’après-midi afin que l’information soit la plus fraîche possible. Après très vite j’essaie de me poser car je vais continuer à étudier les modèles météo au calme, puis préparer les toutes dernières affaires avant de me coucher tôt si possible ».

Fabien : « Au cours de la dernière soirée, on se fait porter par le timing. Vers 19h, j’ai déjà un plateau en direct programmé avec France 3 Normandie. Ensuite, j’enchaîne avec le repas, un dernier coup d’œil sur la météo avant d’aller dormir. Le lendemain matin, on se lève en examinant les prévisions météo actualisées puis on se rend au bateau pour embarquer ».

 

Le départ, un mélange de tension et d’excitation

Aller prendre le départ avec une flotte de 80 bateaux engagés sur zone et sous les yeux d’une foule immense font du coup d’envoi de cette Transat Jacques Vabre un moment forcément à part et intense…

Fabien : « Au moment du départ, il y a un monde dingue et une montée de stress en sortant du bassin. On a déjà eu la chance avec Isabelle de courir la Rolex Fastnet Race qui était la pire des situations que l’on puisse vivre en matière de stress sur un départ de course. Cela nous a apporté de l’expérience ensemble sur MACSF pour ce genre d’exercice. On part pour 5800 milles, ce n’est pas sur quelques minutes que la course va se jouer mais l’objectif est de partir sans prendre de risques. Ce qui ne veut pas dire qu’on s’élancera trop prudemment loin derrière. On cherchera avant tout à limiter les situations à risque car il faut savoir que la visibilité n’est pas très bonne sur ces bateaux ».

Isabelle : « C’est un moment assez dangereux car les bateaux sont très proches les uns des autres. Tout autour de nous, il y a énormément de bateaux accompagnateurs. Régulièrement, il y a des accidents et des incidents qui mettent en péril la course. Tu ressens à la fois tout l’enjeu de la Transat, l’angoisse, l’envie de partir et d’écrire une nouvelle histoire. Tous ces sentiments se réveillent ce jour-là. »

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