L’IMOCA MACSF prêt à reprendre la mer

Lorient, France, 22 mai 2020

En chantier depuis le 14 février, MACSF a quitté son hangar et été mis à l’eau ce 21 mai à Lorient La Base. Isabelle Joschke va retrouver l’océan Atlantique à la barre d’un bateau optimisé et fiabilisé.

La crise sanitaire liée au coronavirus et la période de confinement qui en a découlé n’ont pas été synonymes d’arrêt de l’activité pour l’équipe de l’IMOCA MACSF. Si la pandémie a rendu durant deux mois toute navigation impossible et fortement impacté la préparation à terre, le chantier du monocoque d’Isabelle Joschke s’est poursuivi à une autre cadence et avec une nouvelle organisation.

Une organisation de travail repensée

Des équipes réduites et alternées se sont succédées pour apporter des améliorations au 60 pieds qui avait été complètement transformé l’été dernier pour gagner en puissance et en vitesse grâce à l’ajout de foils dernière génération et à l’installation d’un nouveau mât aile.

 

« On a vite compris avant le confinement qu’il fallait être vigilant sur les gestes barrières. Nous avons choisi très tôt de réduire le nombre de personnes amenées à travailler sur le bateau. L’IMOCA MACSF est hébergé dans un hangar de 350m2, on peut donc sans problème opérer en effectif réduit en respectant certaines mesures de prévention dans les zones de vie (cuisine, repos…). Des rotations ont été mises en place entre notre équipe de permanents et les intervenants extérieurs venus installer l’électronique, il n’y avait jamais plus de deux ou trois personnes dans le hangar. », détaille Alain Gautier, ancien vainqueur du Vendée Globe (édition 1992-93) et Team Manager du projet MACSF.

 

« Au début du confinement, j’ai travaillé quasiment tout seul sur le chantier. Ensuite on s’est relayé pour intervenir sur le bateau. Notre organisation nous a permis de maintenir une activité durant toute la durée du confinement. C’était important pour le projet de ne pas tout lâcher d’un coup », témoigne Hadrien Leconte, le préparateur polyvalent de l’équipe à terre.

 

 

Un chantier allongé et étoffé

Les mesures de restriction sanitaires et l’immobilisation imposée par les autorités ont en effet obligé l’équipe à s’adapter à la nouvelle donne et à revoir la feuille de route. Aux opérations de contrôle, de réparations et d’entretien déjà prévues est venue s’ajouter la réalisation de travaux plus importants qui étaient programmés à l’origine à partir de juillet prochain.

 

« Isabelle est partie naviguer trois semaines en solitaire à cheval entre janvier et février. Il était prévu à son retour que l’on fasse un petit check sur le bateau jusqu’à la fin mars avant de lancer la saison. Et puis le confinement est arrivé et a tout changé. En voyant comment les choses évoluaient, nous avons décidé d’anticiper et d’avancer les travaux de l’été. Cela nous permettra de raccourcir au minimum le chantier de cet été qui devait durer sept semaines et de libérer ainsi du temps à Isabelle pour qu’elle puisse naviguer le plus longtemps possible », révèle Florian Giffrain, le boat-captain de MACSF.

 

Les deux mois de confinement ont été mis à profit pour rendre le bateau à la fois plus stable, plus fiable et plus sûr. Les principaux changements accomplis concernent la répartition des ballasts, le renfort de la coque ainsi qu’une multitude de petites retouches censées faciliter la vie d’Isabelle Joschke à bord.

 

Isabelle Joschke : « Un surplus d’énergie avec la mise à l’eau du bateau »

Installée à Lorient, à 3 minutes à peine de la Base où était entreposé le monocoque MACSF, sa skipper Isabelle Joschke est passée en voisine une fois par semaine pour suivre de visu les travaux réalisés sur son bateau. Elle nous livre ses impressions sur ce qui a été effectué au cours des deux derniers mois et évoque avec enthousiasme la reprise des sessions d’entrainement pour parfaire sa préparation en vue du Vendée Globe.

 

« L’équipe a hyper bien géré. Les travaux ont continué dans un contexte difficile mais on a pu avancer, à tel point que des travaux programmés cet été ont même déjà été effectués. On est en avance sur le tableau de marche du chantier. J’avais hâte que le bateau soit mis à l’eau. C’est une étape très concrète qui a beaucoup de sens à mes yeux. Il y a une espèce de surplus d’énergie qui se met en route à l’idée de naviguer. C’est incroyablement stimulant. Je peux repartir à l’entrainement. Pour moi, il s’agit de reprendre la mesure du bateau, d’enchaîner les manœuvres et me mettre à naviguer en mode confrontation avec un départ en flotte, des croisements, une stratégie à définir. Je vais mettre à profit aussi tout ce que j’ai appris en informatique, en météo. Je veux les intégrer dans ma routine de navigation. Côté bateau, nous allons pouvoir tester tout ce qui a été fait durant le chantier et vérifier que tout fonctionne bien.
Tout va aller très vite car on va remettre rapidement le bateau en mode course. La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, 3 600 milles au départ et à l’arrivée des Sables d’Olonne, se profile avec un coup d’envoi le 4 juillet si elle est confirmée (ndlr : en remplacement de la New-York/Vendée qui a été annulée). D’ici là, l’objectif sera de naviguer le plus possible. »

 

Une nouvelle répartition des ballasts

L’emplacement des ballasts, ces réservoirs remplis d’eau de mer qui servent à répartir les poids sur le bateau et à le redresser, a été changé. « Les anciens ballasts étaient obsolètes. Il fallait trouver la bonne configuration, la plus efficace, par rapport à la jauge qui est assez contraignante », explique le Team Manager.

 

Le renforcement de fond de coque

Après une première série de travaux de consolidation effectuée en 2019, des couches de tissus carbone ont à nouveau été posées afin de renforcer le fond de coque du bateau. « Ces renforts étaient une nécessité. C’est un bateau de 2007 qui n’a pas été conçu pour accueillir des foils qui amènent des vitesses supérieures, des chocs plus violents et des charges plus grandes. De plus, on avait reçu des alertes sur notre monocoque de même que sur d’autres bateaux de la classe IMOCA à ce sujet », indique celui qui coordonne les volets techniques et logistiques du projet.

 

Des petits travaux d’amélioration

Ajouter des mains courantes à l’intérieur de l’espace de vie pour augmenter la sécurité, rendre le bateau plus manœuvrable et mieux adapté à la morphologie d’Isabelle Joschke en optimisant par exemple les renvois de poulies… Les préparateurs ont procédé à une foule de petits aménagements et de perfectionnements. « On a aussi cherché à se projeter et à penser à ce qui pouvait arriver durant le Vendée Globe, pour lui rendre les réparations plus faciles et lui apporter un maximum de sécurité », résume Alain Gautier. 

 

 

 

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