Chronique Santé Vendée Globe #3 : "le mot marin mérite bien son féminin"

Les Sables-d'Olonne, France, 4 novembre 2020

Pour sa 3e chronique santé, le médecin du Vendée Globe Jean-Yves Chauve évoque la place des femmes dans cette compétition hors normes qu'est le Vendée Globe. Partent-elles avec les mêmes chances que les hommes ? 

Pour la première fois, le Vendée Globe compte 6 femmes au départ. Soit presque autant que depuis l'origine, comme le rappelle le Dr Chauve, médecin du Vendée Globe, dans sa troisième chronique santé, avant de citer les 6 concurrentes de l'édition 2020 :

" Elles furent 7 à relever le défi au cours des éditions précédentes. Il faut les citer : Isabelle Autissier, Catherine Chabaud, Ellen MacArthur, Anne Liardet, Karen Leibovici, Dee Caffari et Samantha Davies. Samantha est la première à revenir sur la course aux côtés de 5 autres prétendantes : Isabelle Joschke, Clarisse Cremer, Alexia Barrier, Miranda Merron et Pip Hare."

Du point de vue physiologique, les skippeuses femmes sont désavantagées par rapport à leurs concurrents hommes comme le souligne le Docteur Chauve :

"(...) Malgré l’entrainement la puissance musculaire restera toujours inférieure à celle des hommes et ce, pour plusieurs raisons : 

  • pour fonctionner nos muscles ont besoin d’oxygène. Son transport par le sang est, pour de pures raisons physiologiques, 20% plus efficace chez l’homme en particulier grâce à la testostérone, l’hormone du mâle. D’où une meilleure activité musculaire que ce soit dans les épreuves de force ou d’endurance.
  • la fréquence cardiaque maximale est plus élevée et plus rapidement atteinte chez les féminines, ce qui limite leur capacité à faire un effort violent.
  • la masse musculaire est toujours inférieure, au mieux d’environ 7%  (...)"

La course au large reste l'une des rares disciplines mixtes. C'est un sport où la moindre force musculaire peut être compensée par d'autres qualités, comme le constate Jean-yves Chauve :

" Le physique n’est pas l’essentiel car la course au large exige des compétences dans tous les domaines, que ce soit dans la stratégie, la gestion du bateau, ou tout simplement dans la manière d’aborder la course."

La capacité à évaluer ses forces et ses faiblesse, à anticiper, à élaborer un plan de courses compte autant voire davantage selon lui.

" Cette course ne se gagne pas au muscle mais bien à la stratégie. A ce jeu intellectuel, le match se court à armes égales. Lors de l’édition de l’année 2000, Ellen MacArthur boucle la boucle sur les talons de Michel Desjoyeaux, illustration parfaite de cette dualité."

Et puis la voile est un sport mécanique. Rien n'interdit aux skippeuses de trouver des astuces comme l'a fait Isabelle Joschke. 

" Puisque les muscles des bras sont plus faibles, pourquoi ne pas utiliser les muscles des cuisses plus développés ? D’où l’idée d’Isabelle Joschke d’utiliser un pédalier de vélo pour border les voiles à la force de ses jambes", observe le Dr Chauve.

S'il faut être solide physiquement pour terminer un tour du monde à la voile en solitaire, le mental est fondamental pour surmonter toutes les épreuves qui attendent toutes les skippeurs hommes ou femmes.

" Sur le plan psychologique, l’endurance, l’agressivité, la détermination des femmes valent largement celles de leurs adversaires masculins", estime le Dr Chauve. 

Les femmes ont donc finalement toutes leurs chances dans cette course au large de près de trois mois, qui commence le 8 novembre 2020.

" Tout au long de ces 3 mois, elles vont nous montrer que le mot marin mérite bien son féminin", conclut la chronique santé du Dr Chauve. 


  • Pour découvrir l'intégralité de la chronique du Dr Chauve et la partenariat santé MACSF : le site Voile MACSF

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