A l’occasion du salon nautique de Paris, Bertrand de Broc et Marc Guillemot débriefent leur Transat Jacques Vabre

4 décembre 2015

18 jours, 22 heures, 10 minutes et 5 secondes de traversée, c’est le temps que Bertrand de Broc et Marc Guillemot auront mis pour rallier le Havre (France) à Itajai (Brésil) lors de la Transat Jacques Vabre 2015. Avec une 6ème place à l’arrivée, Le bateau des professionnels de santé réalise une très belle performance face aux 60 pieds de dernière génération, qui ont, pour la plupart, dû renoncer à la bataille en cours de route. Sur les 20 IMOCA au départ, 11 ont abandonné. La Transat Jacques Vabre 2016 a été la plus « casse-bateaux » de l’histoire.

Au commencement, la tempête est annoncée !

La Transat Jacques Vabre 2015 a commencé fort avecdes conditions météo très rudes pour sortir de la Manche. Des rafales allant de 30 à 50 nœuds et des creux de 8 mètres ont tout de suite mis à l’épreuve nos skippers expérimentés.  Un « coup du sort » qu’ils ont perçu comme une opportunité stratégique à bien planifier : quelle route choisir pour « démancher »?

Bertrand de Broc et Marc Guillemot décident de prendre l’option de la route du sud, au plus près de côtes Bretonnes, pour éviter le plus fort du gros temps. Une option payante, qui leur permet de d’être en  2ème position dès le lendemain et surtout de quitter la Manche rapidement. Les très fortes conditions de course des 4 premiers jours ont mis les bateaux à l’épreuve, et seuls 11 duos, parmi les 60 pieds s’en sortent  indemne.

Indemnes mais pas sans casse !

Les skippers ont eu leur lot de panne et de complications. Interrogés par les organisateurs de la Transat Jacques Vabre, Marc Guillemot témoigne :

« Ça a commencé par les antennes, après le laching de la voile  d‘avant qui a lâché dans la brise. On n’avait plus de météo, plus moyens de communiquer, pas de classements. On s’est dit on ira jusqu’au bout. On a navigué à l’ancienne, il ne manquait que le sextant ça aurait été parfait ! Mais ça fait du bien de se rappeler comment il faut se faire mal pour aller jusqu’au bout, ça fait du bien ! »

Privés très tôt de leur antenne fleet, ils ont navigué avec des données météos assez sommaires, et peu d’informations sur les positions des concurrents.

Une descente vers les Acores secouée !

A l’ouest du Cap Finistère, la flotte IMOCA se regroupe et initie sa descente vers les Açores.

« Arrive alors un 2ème passage dépressionnaire au large du Portugal, où le vent est monté à des vitesses proche de 60 nœuds et où il y a eu beaucoup de déferlantes qui ont occasionné beaucoup de dégâts sur la flotte » 

nous confie Bertrand de Broc.  Pour l’IMOCA MACSF est une vraie « machine à laver », et il est très difficile de manger, de dormir ou encore de se reposer un peu. Mais ils s’en sortent avec un bateau plutôt en forme.

Entre Madère et le Cap Vert les conditions s’améliorent …  

Enfin, les conditions météos deviennent plus clémentes, leur permettant d’effectuer des réparations en mer, notamment sur quelques chandeliers arrachés, qui avaient entrainé une petite voie d’eau. La flotte IMOCA se découpe assez rapidement dans cette décente entre Madère et le Cap vert : Un trio de tête se dégage: Banque Populaire, PRB et Queguiner-Leucémie Espoir, derrière eux, le Souffle du Nord bataille avec Initiative Cœur et enfin, MACSF prend la tête du troisième peloton, au coude à coude avec Bureau Vallée, Newrest/Matmut et Comme un seul Homme.

Passage du Pot au Noir, objectif ne pas  rester englués !

La flotte arrivée au niveau du Cap Vert, après 9 jours de course, est déjà diminuée par 11 abandons. Mais d’autres épreuves attendent les 60 pieds toujours en course : notamment un pot au noir particulièrement sournois, où beaucoup restent englués, avec  «  pétole ». Cette zone de convergence intertropicale est une nouvelle occasion stratégique pour Bertrand de Broc et Marc Guillemot, qui ne lâchent rien. Bien décidés à défendre chèrement leur place, ils manœuvrent sans répit, à la recherche du moindre souffle d’air.

Une fois l’équateur dépassé s’initie alors la longue descente avec les Alizées Sud/Est, le long des côtes du Brésil, où il faut slalomer entre les petits pécheurs et les plateformes pétrolières. Le duel entre le bateau MACSF et Comme un seul homme continue de plus belle. Toujours « à l’ancienne », avec peu de données météos et carrément plus aucune indications sur les concurrents, nos skippers se battent.

Enfin après 18 jours, 22 heures, 10 minutes et 5 secondes ils arrivent à Itajaí.

Ils passent la ligne d’arrivée à Itajaí après 18 jours, 22 heures, 10 minutes et 5 secondes, un peu plus de 60 heures après PRB, vainqueur de la Transat Jacques Vabre 2015 en 17 jours 00 heure 22 minutes 24 secondes. L’exploit est de taille, et le bateau MACSF, ex VNAM, sorti de chantier en 2007 sous le nom de Brit Air, a confirmé sa robustesse et sa fiabilité.

Fraichement arrivé Bertrand déclare :

« Ca y’est. On est à Itajaí et on est très contents de notre course. L’objectif était tout d’abord de se faire plaisir et comme Marc le disait souvent avant le départ, c’est surtout de ne pas avoir de regret, sur notre place, et notre performance. On est fiers d’avoir porté les couleurs de la MACSF pendant ces 3 semaines.

Marc comme moi on a le sentiment d’avoir fait de belles choses. On a eu beaucoup de problèmes techniques comme les autres, mais chacun dans nos domaines on a réparé, bricolé. On a bien bossé ! »

Les Cousins : un  duo de choc !

Entre les deux cousins, une transatlantique, ce n’était pas vraiment une première. En 1981, ils participaient ensemble à la Twostar, puis en 1994 à la Transat AG2R. Aussi, tous les deux étaient plutôt confiants sur leur entente. Ils savaient qu’il avait en commun la même façon de vivre les choses, de respecter la nature, de vivre leurs courses. Et qu’ils seraient très complémentaires dans le choix des options stratégiques.

En termes de répartition des rôles, Bertrand qui connait mieux le bateau prévoyait d’endosser les aspects techniques mais tenait à ce que Marc prenne part à chaque décision de la stratégie de course. Il confie :

« nous n’étions pas forcément toujours d’accord sur les choix tactiques, mais nous avons beaucoup discuté, affiné. Marc est un skipper de qualité qui ne rechigne jamais. C’est un « dur au mal », pour résumer. "

Une impression de réelle symbiose entre les deux navigateurs que confirme Marc en précisant : 

« On a formé un beau duo et on a navigué en harmonie, intelligemment. Après l’arrivée je n’aurais qu’un mot : si je devais repartir sur une Barcelona en double, ce serait forcément avec Bertrand. »

Des projets pour la suite : cap sur le Vendée Globe 2016

La transat Jacques Vabre, était l’occasion pour Bertrand de tester en conditions de course toutes les améliorations qu’il a apporté au bateau lors des chantiers de 2015, sous l’œil expert de Marc, dont l’expertise technique concernant les IMOCA n’est plus à démontrer. Interrogé à chaud, à peine après avoir retrouvé la terre ferme, Bertrand regarde déjà vers 2016 :

« Je me suis engagé avec ce bateau sur le Vendée Globe, mais après une Transat Jacques Vabre on se dit qu’il y a un pas vers l’avant à faire en plus pour que le plaisir de naviguer sur ce bateau soit encore plus grand et que l’on puisse en tirer encore plus de performances. Maintenant c’est l’objectif : faire mieux et avoir encore plus de plaisir. Arriver dans les cinq premiers avec ce bateau, c’est possible. Mais pas sans travaux. Marc et moi nous avons pu les lister pour l’année qui vient. »

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